Goodbye things… par Fumio Sasaki

Goodbye Things

Il y a un peu moins d’un an, j’ai lu cet ouvrage du japonais Fumio Sasaki. Goodbye things, publié en français sous le titre :
« L’essentiel et rien d’autre ».
Et je dois dire qu’il m’a assez impressionné.

Dans mon enfance, ma nature a fait que je n’ai jamais été attiré par l’accumulation de biens matériels. Me contentant de ce dont j’avais réellement besoin dans ma vie de tous les jours.
J’ai eu des jeux, des jouets comme la plupart des enfants.
Mais jamais dans l’excès. De même en grandissant, les vêtements, les dernières marques à la mode, ne m’ont jamais attiré. Ma spiritualité m’a toujours amené vers un besoin d’espace naturel, simple, ordonné, épuré.

C’est pourquoi ce livre m’a attiré. Et j’y ai découvert : Le style de vie minimaliste.

Une définition simple du minimalisme serait :
« Savoir ce qui est vraiment important pour nous. En réduisant volontairement (sans y être obligé par contrainte) ses biens personnels au strict nécessaire. Ne conservant que l’essentiel. Ne se laissant pas influencer par les médias et les pubs qui poussent à consommer. »

Fumio Sasaki nous parle de son cheminement personnel.
C’est un homme trentenaire ordinaire. Son quotidien avant de devenir minimaliste était sombre, stressé. Il avait une mauvaise hygiène de vie. Il était envieux de la réussite matérielle des autres. Las des trajets qui le menaient de la maison au travail et du travail à la maison. Fumio accumulait compulsivement tout un tas d’objets, et avait beaucoup d’affaires.

Décidé à changer de vie et à se prendre en main, en découvrant le minimalisme, il a drastiquement réduit ses biens personnels et a radicalement changé.

«  D’après mon expérience, je pense que se dépouiller de ses affaires est bien d’avantage qu’un simple exercice de tri : cela permet de réfléchir à ce qu’est le vrai bonheur » (F. Sasaki)

Il nous explique qu’il y a plusieurs raisons qui poussent un individu au minimalisme :

  • Certains se rendent compte qu’ils ont perdu le contrôle de leur vie à cause de ce qu’ils possèdent.
  • D’autres nagent dans l’opulence, mais restent malheureux en dépit de tout ce qu’ils ont accumulé.
  • Certains se séparent de leurs affaires pour tenter de mettre fin à une dépression.
  • D’autres, sont victimes d’un choc, d’une catastrophe naturelle, d’une maladie… qui renouvelle totalement leur façon de voir la vie.

Lui appartient au 1er groupe.

« Réduire ses affaires au minimum n’est pas un but en soi. A mon avis, le minimalisme sert avant tout à découvrir ce qui nous est vraiment essentiel. C’est le prologue à l’écriture de sa propre histoire. » (F. Sasaki)

Fumio nous questionne : Mais pourquoi donc, amassons-nous tant de choses ?
La réponse se trouve dans « la lassitude »

Pour l’exemple du travail. A un moment de notre vie, on a désiré le poste qu’on occupe actuellement. Ce n’était pas notre premier choix, ni le secteur rêvé, mais on a fait des compromis, car il nous fallait travailler. Mais l’idée d’avoir fait des compromis nous rend amère envers notre travail, l’esprit de l’entreprise ne correspond pas forcément à nos attentes, nos supérieurs sont mauvais ou pire encore, l’ensemble de la direction est corrompue. Cependant au début nous étions heureux en apprenant que l’on était embauché.

Il en va de même pour un nouveau logement. Passé 10 ans dans un même appartement qu’on avait pourtant méticuleusement cherché, dans un quartier rêvé… On se retrouve par être insatisfait, alors qu’on avait été si heureux autrefois.

Idem pour tous nos objets. Pour les vêtements par exemple, les gens courent les magasins pendant leurs temps libres, ayant toujours l’impression de ne rien avoir de correct à se mettre. Ils rentrent épuisés chez eux, heureux d’avoir quelque chose de nouveau qui leur plait. Dès le lendemain, ils se sentent bien en arborant fièrement leur nouvelle tenue. Mais quelques temps après, ils soupirent devant leur armoire, oubliant les moments de bonheur procurés, et se disent qu’ils n’ont rien à se mettre.

L’autre aliénation est : quand ce que l’on possède, devient ce que l’on est.
Quand la personne achète un objet uniquement pour se valoriser ou faire valoir ses qualités.

« A partir du moment où les objets sont envisagés comme des moyens d’améliorer sa propre image, les efforts se concentrent sur l’accroissement de sa collection de biens personnels. On en arrive alors à dépenser beaucoup de temps et d’énergie à l’acquisition et à l’entretien de ses affaires. » (F. Sasaki)

Fumio Sasaki nous explique que la conséquence en est que nos outils deviennent nos maîtres. Les objets servent alors un autre but que leur fonction première. Et sont utilisés pour affirmer la propre valeur de l’individu. Alors la personne finit par amasser toujours plus que de raison, croyant que cela fera de lui quelqu’un de meilleur. Et tous ces biens finissent par se retourner contre lui. Car il se retrouve contraint de dépenser du temps, de l’énergie à l’entretient. Et submergé par nos biens matériels, l’on devient esclave de nos possessions.

« Moins de choses ne signifie pas moins de satisfaction » (F. Sasaki)

Ce petit manuel donne quelques astuces (55 conseils) pleines de bon sens pour ceux qui voudraient marcher dans ses pas.

Il énumère aussi les principaux avantages du minimalisme:

  • Un gain de temps
  • On profite d’avantage des instants de la vie
  • On gagne en liberté
  • On ne se compare plus aux autres
  • On ne se soucie plus de l’image que l’on donne aux autres
  • On s’implique plus dans le monde
  • On est plus à même de se concentrer, et à être soit même
  • On est plus respectueux de l’environnement
  • On fait des économies
  • On est en meilleure santé
  • On savoure l’instant présent
  • On a plus de gratitude

Fumio Sasaki parle du minimalisme comme d’une aventure intense, souvent compliquée, mais qui a bel et bien changé sa vie.

Nous pouvons dire que les bénéfices d’une vie minimaliste sont accessibles à tous quelque-soit la société dans laquelle nous vivons, quelques soit nos personnalités ou nos croyances.

Fumio Sasaki - Avant

Fumio Sasaki - Après

2 thoughts

  1. Tout à fait d’accord. Un vrai visionnaire ce Fumio Sasaki. Mais il me semble qu’il n’est pas le pionnier sur ce point ?
    Ceci étant, article pertinent et intéressant.

    J'aime

    • Content que cet article vous ait plu.

      Effectivement, Fumio Sasaki est loin d’être le 1er à avoir un style de vie minimaliste. De tout temps, il y a eu des individus, groupes, mouvements philosophiques ou des religieux qui ont prôné un retour à l’essentiel, en passant notamment par une maitrise des possessions. Cherchant à retrouver le sens de la vie sur Terre et leur fonction en ce monde.

      L’industrialisation rapide des sociétés a fait perdre toute notion de « minimum » chez les individus. Et avec les effets d’hyperconsommation dû à la mondialisation ; de plus en plus de personnes lucides sont en overdose de tout ce matérialisme, et se tournent spontanément vers une vie minimaliste.

      Pour le japonais Fumio Sasaki ; le retour au minimalisme est peut-être aussi lié au fait que dans le Japon ancien, il y avait une très forte tradition minimaliste avant l’industrialisation. Les hommes voyageaient léger (2 à 3 kimonos). Ils marchaient beaucoup. Les habitations étaient des structures simples. Les gens vivaient rarement au même endroit toute leur vie. Il y avait l’influence du bouddhisme Zen.

      Chaque civilisation antique ou religion, a connu en son sein des minimalistes. Par exemple, en Islam, au 11ème siècle, le grand savant et mystique Abou Hamid Al Ghazali a pratiqué le renoncement aux attaches d’ici-bas, se contentant des besoins minimum pour vivre. Je compte d’ailleurs proposer par la suite un article à ce sujet.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s